Investir dans le business lucratif du Kilichi
- 17 mai 2024
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 août 2025
Le kilichi, connu sous le nom de kilishi dans les pays anglophones, est une préparation de viande séchée originaire du Niger. Il est très prisé dans le nord du Nigéria et du Cameroun. Sa filière est en plein essor et suscite un intérêt croissant à l’échelle internationale en raison de la forte demande de la diaspora africaine. Pour les entrepreneurs et les investisseurs dans le secteur de l’alimentation africaine, c’est une opportunité économique prometteuse. La réussite dans ce domaine exige cependant une compréhension approfondie de ses mécanismes de production.
Pour que vous en sachiez davantage sur cette filière, nous ferons un gros plan dans ce dossier sur :
le potentiel et les statistiques de l’industrie de ce mets au Niger ;
l’état des lieux en matière d’exportation ;
les étapes clés de sa fabrication ;
les aspects financiers à considérer avant de se lancer.
Quel est le potentiel du marché au Niger ?
Le Niger est un leader incontestable, avec près de trois cents entrepreneurs dans la communauté urbaine de Niamey. Vous en trouverez aussi au moins un millier réparti dans les régions d’Agadez, Maradi, Tahoua et Zinder. Sa production joue un rôle économique et social de premier plan, car elle génère de nombreux emplois. La performance annuelle dans le pays est d’environ 80 tonnes. Ce chiffre le classe en tant que principal fournisseur en Afrique de l’Ouest. Le kilishi, grâce à sa faible teneur en eau, est surtout fabriqué de manière artisanale dans des localités comme Madaoua, Tessaoua, Birni N’Konni… De petites entreprises telles que Africa Trade Company en font également une exploitation semi-industrielle avec des fours solaires ou à gaz. Pour améliorer la valeur et la qualité sanitaire de la denrée sur le marché, une norme nationale (NN 01-01-001) a été mise en place. Cette dernière est utile pour garantir une marchandise de bonne facture.
La préparation de la viande desséchée consiste à déshydrater de fines tranches de chair salée : bœuf, dromadaire, agneau ou chèvre. Elles sont ensuite recouvertes d’une pâte faite à base d’arachide, mélangée à divers condiments (légumes, oignons et épices). Une fois qu’elles sont enrobées, elles sont de nouveau exposées quelques heures au soleil, puis vite grillées sur un feu vif. Les méthodes de conception varient pour leur part beaucoup, car elles ne sont pas standardisées ou protégées. Vous pouvez effectuer le séchage fait à la lumière du jour ou de manière industrielle dans des fours. Les assaisonnements peuvent de plus être changés ou omis. Sur le marché, vous trouverez par ailleurs trois principales versions de kilichi. Le Fari, d’apparence brun clair, est confectionné avec de la viande dégraissée, couverte de tourteau et d’épices plus ou moins piquantes, puis grillé. Le Ja quant à lui se fait selon la même méthode, mais les ingrédients sont variables. Le procédé est également le même pour le Rumuzu, bien que le gout des composants est un peu plus relevé.

Source : MCA Niger
Les bienfaits du kilichi et les défis liés à sa commercialisation en dehors de l’Afrique
Le kilishi est une excellente source de protéines. Son processus de séchage, en le faisant perdre une grande partie de sa graisse, le rend idéal pour une alimentation contrôlée en calories. Il est de plus riche en fer, une substance utile pour la formation des globules rouges et le transport de l’oxygène dans le sang. Ce nutriment provient de la viande carminée et est facile à absorber par l’organisme. Vous puiserez par ailleurs dans la denrée séchée des minéraux comme le zinc, qui participent au renforcement de l’immunité et à la cicatrisation des plaies. Elle fournit même de la vitamine B12, nécessaire à la santé du système nerveux. Sa consommation régulière est aussi parfaite pour les activités physiques ou en tant que collation. Les épices utilisées dans sa préparation, dont le piment, l’ail et le gingembre, possèdent des propriétés antimicrobiennes et antioxydantes, qui protègent le corps de certaines infections.
Concernant sa commercialisation sur le plan continental, elle est difficile. Avec des projets qui visent à introduire des normes de propreté et de sécurité alimentaire conformes aux standards internationaux, le kilichi pourra toutefois être adopté dans le monde entier. Ces initiatives doivent apporter des solutions aux diverses difficultés de cette filière. Le faible taux d’utilisation de la technologie dans la fabrication est l’une des principales contraintes. Elle est parfois faite dans des conditions d’hygiène peu recommandables, avec un système d’emballage inadapté. Ces facteurs réduisent son attrait pour les consommateurs et constituent un frein notable à l’évolution de son exportation. Pour surmonter ces obstacles, moderniser les techniques et améliorer la propreté tout au long de la chaîne est indispensable. L’adoption de packagings professionnels aidera par ailleurs à accroître la visibilité de la marchandise sur les marchés internationaux.

Source : aNiamey
Comprendre le business du kilichi : les étapes clés et les aspects financières ?
L’inspection de la matière première par un spécialiste en élevage après l’abattage est la première phase pour confectionner l’aliment. Elle est déplacée dans de bonnes conditions hygiéniques à l’aide d’un moyen de transport adapté. À destination, un premier lavage est fait pour la débarrasser des saletés. L’essorage, étape suivante, consiste à retirer les os, les tendons et les graisses, ainsi qu’à trier la chair. Le laminage de la viande sert ensuite à la découper en filets, puis en lanières. Ces dernières sont posées sur une planche, une claie ou une natte en raphia et mises à sécher dans un endroit propre. Cette opération dure au moins sept heures, mais peut prendre des jours selon l’intensité du soleil. Le kilishi est par ailleurs trempé et enrobé dans une sauce à base de pâte d’arachide ou de condiments. Vous pouvez ajouter du sel si nécessaire avant de l’étaler à nouveau et de le laisser à cuire pendant 15 minutes. Après la grillade, procédez à l’emballage.
Concernant les coûts à anticiper pour lancer la commercialisation, ils incluent l’achat de certains équipements. Les séchoirs (solaires ou électriques) sont indispensables pour déshydrater la viande, tandis que les mélangeurs servent à homogénéiser les épices avec la charcuterie. Les couteaux et les machines de découpe aident pour leur part à préparer la chair avant l’évaporation. Les empaquetages garantissent en ce qui les concerne la conservation et la présentation. Mettez de plus en place des espaces de travail conformes aux normes sanitaires. L’investissement initial dans ces installations demande une somme conséquente. Il est requis pour assurer une production de qualité supérieure et une capacité suffisante pour répondre aux besoins de la clientèle. Un fonds de roulement (FDR) est également à prévoir. Il s’agit de la trésorerie nécessaire pour couvrir les achats courants, dont les matières premières, les salaires des employés et les frais de fonctionnement.

Source : WebAgri
Les dépenses liées au marketing et à la distribution.
Faites une gestion efficace du FDR pour éviter toute interruption et maintenir la stabilité financière de votre projet. Intégrez aussi le calcul des affaiblissements dans les estimations de la comptabilité. Cette méthode sert à répartir le prix des machines sur leur temps d’usage utile. Un séchoir de 10 000 euros avec une durabilité de 10 ans aura une atténuation annuelle qui avoisine 1 000 euros. Elle est indispensable pour refléter la dépréciation des actifs dans les prévisions économiques. Le coût de revient est un autre aspect clé. Il correspond à la somme totale pour produire une unité et inclut les taux directs ainsi que les tarifs indirects (amortissement des équipements et débours généraux). Cette donnée aide à fixer une valeur de vente compétitive avec une marge bénéficiaire suffisante. Les recettes représentent en ce qui concerne les revenus générés par la vente des marchandises. Pour les estimer, déterminez un montant en fonction du marché et du coût de revient, puis évaluez le volume des transactions sur une période définie. Comparez-les aux prix pour jauger la rentabilité de l’entreprise.

Source : Zango Brand
Conclusion
Le succès de votre projet repose autant sur la qualité du produit que sur une gestion financière rigoureuse. Avec une approche réfléchie, vous pouvez être certain de développer votre activité et de trouver des avenues de croissances appréciables.

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